Ville de Rio – Un peu d’histoire – Le fleuve de janvier 1502 – 1763

1502 - 1763   Le fleuve de janvier

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Carte française de la baie de Guanabara en 1555 par Duval

Les Tamoyos et les Topinambous, deux tribus amérindiennes occupaient à l’origine la baie de Guanabara.

C’est en janvier 1502 que Gaspar de Lemos et Gonçalo Coelho, deux capitaines de la flotte de Pedro Álvares Cabral, guidés par leur pilote florentin Amerigo Vespucci (l’Histoire veut qu’on ait donné son prénom à l’Amérique) débarquent dans une grande baie, qu’ils pensent être l’embouchure d’un fleuve. Le nom de Rio de Janeiro, le Fleuve de Janvier, fut donné à l’endroit de leur accostage.

Dans les années qui suivirent l’arrivée de ces premiers européens, deux autres pays, la France et la Hollande, y établirent comme les portugais eux-mêmes, des comptoirs commerciaux. La profusion d’arbres, dont on extrayait une teinture rouge comme la braise,  appelés « Pau Brasil » ou « Brasa », donna son nom au pays.

La contrée fut longtemps très peu sûre. Malgré le commerce de trocs, les relations entre les différentes nations européennes et les autochtones furent loin d’être toujours pacifiques. Les Portugais avaient coutume de réduire en esclavages les indigènes, et ces derniers avaient eux-mêmes, des rites anthropophagiques, qui ne pouvaient que choquer les nouveaux arrivants, quand ceux-ci ne faisaient pas eux-mêmes les frais de ces pratiques. De plus, de régulières attaques des pirates et des corsaires français ravagèrent un temps une partie de la région.


Nicolas de Villegagnon, 16ème siècle

En 1555, l’Amiral français Nicolas Durand de Villegagnon, reçu le commandement d’une flotte mise à disposition de Gaspard de Coligny par le Roi de France Henri II, avec pour objectif d’installer une colonie au Brésil. Trois bateaux de colons français débarquèrent sur une petite île de la baie de Guanabara, que Villegagnon baptisa France Antarctique, et où il fit construire le Fort Coligny. De nos jours, cette île où se situe le bâtiment de l’Ecole de la Marine de Guerre brésilienne, s’appelle encore « ilha de Villegagnon ».

Mais les portugais voyant d’un fort mauvais œil, l’établissement massif d’étrangers sur un territoire qu’ils considéraient comme leur appartenant, envoyèrent le Chevalier Mem de Sá, afin de les en chasser. Le Fort Coligny fut détruit et les français quittèrent la baie pour aller se réfugier à l’intérieur des terres. La lutte avec les français dura encore deux ans, jusqu’au derniers combats qui auront lieu en 1572 à Cabo Frio.

Entre temps pour asseoir définitivement la prépondérance portugaise à cet endroit, le 1er mars 1565 ceux-ci s’implantent définitivement, et Estácio de Sá, neveu de Mem, fonde la ville de « São Sebastião de Rio de Janeiro ».


Rio devient alors le centre du commerce transatlantique entre le Brésil, les colonies africaines, et l’Europe. En 1660 la population compte 3000 indiens, 750 portugais,  et 100 esclaves noirs. Ces derniers vont permettre l’expansion de la culture de la canne à sucre. La découverte d’or et de diamants dans la région voisine du Minas Gerais vers 1700, accroît encore la richesse et l’influence de la ville. Grâce à celles-ci, l’Administration Coloniale Portugaise s’établit à Rio qui devient capitale du Brésil à la place de Salvador de Bahia.


Le grand corsaire français René Dugay-Trouin, arrive le 21 septembre 1711 dans la baie de Rio à la tête d’une flotte de 15 navires et de 6000 hommes. Il s’empare après des combats héroïques et impitoyables de la ville. La France est alors en conflit contre l’Angleterre et son allié le Portugal, dans le cadre de la Guerre de Succession d’Espagne. Rio est fortement défendu par 7 vaisseaux de guerre, près de 12 000 hommes et 7 forts. Dugay-Trouin obtient après sa victoire, une importante rançon en or, sucre, bestiaux, et fait libérer plus d’un millier de prisonniers français. Malheureusement, sur la route du retour vers la France, lors d’une tempête, quelques-uns de ces vaisseaux sombrèrent dans l’Atlantique, avec la plus grosse partie de la cargaison d’or.

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