C’est la catastrophe! Le Musée National est parti en fumée

En ravageant le Musée National du Brésil à Rio de Janeiro le 2 septembre dernier, les flammes d’un incendie meurtrier, viennent de détruire le plus grand musée d’histoire naturel d’Amérique du sud.

Ce monument de la culture brésilien, fut créé par le Roi du Portugal João VI en 1818. Le Musée Royal, comme il se nommait à l’époque, devait être le fleuron de la recherche scientifique du pays. Le fils de João VI, Pedro Ier, premier empereur du Brésil, et son épouse Maria Léopoldina d’Autriche, contribuèrent grandement à augmenter les collections et à attirer dans ses murs les plus grands naturalistes européens. C’est son successeur, Pedro II, scientifique amateur mais passionné, qui impulse un nouveau souffle à l’institution en étendant ses domaines de recherches à l’Anthropologie, la Paléontologie et à l’Archéologie. Défenseur de toutes les branches de la science, il enrichit de nombreuses collections, telle celles de la botanique et de l’Egypte antique, grâce à ses voyages à l’étranger. Après le coup d’état militaire de 1889, qui destitua l’empereur, le palais impérial de São Cristovão devenu vacant, accueillit en 1892 l’ensemble de la fondation.

Jusqu’à récemment l’institution, qui fait partie de l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, abritait près de 20 millions d’objets d’art, collectionné parfois depuis le XVIIIème siècle et réparti dans des secteurs aussi divers que la géologie, la paléontologie, la botanique, la zoologie, l’anthropologie, l’archéologie, et l’ethnologie,.  Il comportait aussi les laboratoires de recherches et les jardins botaniques, dans le parc Quinta da Boa Vista.

L’incendie qui a détruit le principal bâtiment, a fait disparaitre la collection permanente et deux expositions temporaires, les archives de l’institution, le matériel physique et intellectuel de nombreux chercheurs, dont des documentations écrites, et des enregistrements audio et vidéo concernant les langues autochtones d’Amérique du sud. 

Le Directeur du Musée, lors de sa déclaration au soir du 2 septembre, annonçait déjà la destruction complète de la collection de l’Impératrice Téresa Christina (700 pièces gréco-romaines), des fresques de Pompéi, du plus ancien fossile exhumé au Brésil découvert en 1974, nommé Luzia, des collections de paléontologie, dont le squelette d’un dinosaure découvert dans le Minas-Gerais, des reliques issues de différentes cultures indigènes, notamment des objets rares des peuples Ticunas et d’autres des communautés Afro-brésiliennes, ainsi que certains objets concernant des peuples du Pacifique. Seul la météorite de Bendego trouvée en 1794 à Monté Santo (Etat de Bahia) a survécu aux dommages. Les collections qui étaient installées dans d’autres bâtiments du parc (ornithologie, mammalogie, herpétologie, ichtyologie et une grande partie de la botanique) ont été épargnées. La bibliothèque générale du musée et le Zoo voisin, n’ont par chance  pas été touchés.

Les lieux, quelques heures après l’incendie, ont été totalement interdit par la Défense Civil à cause des risque d’effondrement du bâtiment, et par la Police Fédérale qui a ouvert une enquête. Une dizaine de jours après la catastrophe, une équipe de l’UNESCO est venu prêter main forte, aux équipes sur place, pour faire l’état des lieux des destructions. Je me suis moi-même rendu sur les lieux il y a quelques jours, pour faire des photos pour cet article et je me suis vu refusé l’accès à un large périmètre de sécurité.

La Police Fédérale va fait appel aux moyens les plus modernes, dont un scanner 3D, et à des drones, pour déterminer les causes du drame, et pour modéliser une maquette en trois dimensions du bâtiment. Aujourd’hui, près d’un mois et demi après, le renforcement de la structure est commencé. L’enquête suit son cours, mais on semble se diriger, sous réserves bien sûr des résultats définitifs de celle-ci, vers un problème de négligence.

La reconstruction est déjà envisagée et devrait comporter 3 étapes :

La 1ère verra la réalisation des interventions d’urgence : installation d’un auvent, étayage des murs, levage de la structure, inventaire exhaustives des collections et récupérations de tous ce qui peut l’être.

La 2ème commencera seulement lorsque l’enquête sera terminée. Elle devrait utiliser la loi fédérale sur l’incitation à la Culture, la loi Rouanet, qui permet de faire appel à des financements privés qui sont assortis d’incitations fiscales pour permettre la reconstruction de l’édifice.

La dernière étape verra en parallèle de la reconstruction, la recomposition des collections. Il sera fait un appel international pour cette dernière partie, et des musées étrangers comme le Louvre en France ont prévus de collaborer avec le Musée National de Rio, en cédant des œuvres et en prêtant certains de leurs professionnels.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

I accept that my given data and my IP address is sent to a server in the USA only for the purpose of spam prevention through the Akismet program.More information on Akismet and GDPR.